Semaine 5 : La création des armes de formation massives

J’ai évoqué dans une communication récente le fait que Babylon.fr avait réussi à s’organiser pour travailler malgré le confinement.

Mais le confinement et les longues soirées de printemps désœuvrées qu’il induit sont propices à l’exploration de sa  bibliothèque.  J’ai ressorti à cette occasion une BD qui a bercé ma jeunesse : les aventures de Blake et Mortimer et en particulier les trois tomes du Secret de l’Espadon.

Dans cette trilogie, une menace venue d’Asie à dévasté le monde et la résistance, confinée dans les grottes sous-marines du détroit d’Ormuz travaille à la création de nouvelles armes.

Le parallèle s’est immédiatement fait avec la situation que nous connaissons, et en particulier  que connait le secteur de la formation professionnelle.

Notre secteur est sinistré et, sur les 63 000 organismes de formation répertoriés au niveau national dont 25 % d’indépendants, on peut se poser la question de combien survivront.

Survivre nécessitera la mise au point de nouvelles armes : de nouvelles méthodes, de nouveaux outils pédagogiques et des alliances entre organismes qui parfois s’ignoraient ou se concurrençaient auparavant.

Je voudrais aujourd’hui, comme dans les grottes du détroit d’Ormuz aborder ces nouvelles armes, c’est-à-dire des innovations en matière d’outils pédagogiques. J’ai bien dit en matière d’outils pédagogiques et non d’innovations digitales. Je considère en effet que tous les outils digitaux sont là qui vont nous permettre de faire notre métier, de le faire évoluer, parfois d’en réinventer une partie, mais je considère aussi que ces outils doivent être au service de la pédagogie et permettre de développer d’amplifier voire de créer de nouvelles façons d’animer des séquences de formation. Je vais prendre quelques exemples. 

En matière d’apports de connaissances, les modules e-learning ont depuis longtemps pris leur place dans le paysage de la formation. Mais quand on parle de modules e-learning  est-ce simplement la mise à l’écran des PowerPoint, des fichiers pdf ou des images que l’on utilisait en présentiel ? Où est-ce la construction de matériels pédagogiques en tant que tels, obéissant à des règles de construction précises : l’image soutenant la voix et inversement, la vérification des prérequis par des quiz et celle des acquis par de véritables exercices d’application ?

En matière d’application des connaissances, les serious game ont eux aussi commencé à prendre leur place dans le paysage mais un serious game est-il une sorte de jeux plus ou moins réussi sur le plan graphique et plus ou moins construit sur le plan pédagogique ou au contraire une sorte de formation en situation de travail que l’on aurait transformée en serious game ou plus exactement, je préfère le terme, en learning game. Car dans ce cas, c’est toute une architecture de raisonnement, toute une logique de situation, toute une bibliothèque de documents qu’il faudra construire et structurer pour l’apprenant.

En matière de vérification des connaissances peut-on se contenter à l’heure actuelle et pourra-t-on le faire dans l’avenir, de quiz construit à la volée ? Mon sentiment est qu’il faudra se tourner vers des solutions mixtes : quelques questions pour faire le point sur les connaissances, quelques écrans de complément d’apports de connaissances, et des mises en situation rapides pour verrouiller ses connaissances. 

En matière de relation directe avec l’apprenant, les classes virtuelles sont elles aussi une des composantes actuelles du paysage.  Mais comme les éléments précédents, la classe virtuelle pourra-t-elle survivre avec un animateur filmé par la webcam de son ordinateur, l’éclairage et le décor de son domicile, disposant de quelques diaporama PowerPoint et de quelques quiz sous forme de QCM ?  Là aussi des choses nouvelles sont à inventer avec une qualité de prise de vue, une qualité des apports de connaissances, une qualité des matériaux permettant la mise en application des connaissances acquises.

Nous considérons chez Babylon.fr que le choc actuel sur le secteur de la formation va durer plusieurs mois et que le secteur en sortira modifié dans ses habitudes et dans ses acteurs. C’est pourquoi nous travaillons actuellement  dans toutes les directions évoquées précédemment en développant de nouveaux produits dont certains étaient en gestation mais dont nous accélérons le développement.

Learning Game Expérience : un serious game destiné à mettre l’apprenant quasiment en situation de travail.  Je prends l’exemple de nos formations habilitantes  pour les courtiers en assurance où les intermédiaires en opération de banque et services de paiement :  nous leur proposons des séquences de Learning game consistant à étudier un dossier avec l’ensemble des documents dont ils disposeraient dans leur bureau (du compromis de vente au relevé de compte bancaire ou du besoin exprimé par le client à la police d’assurance existante et au produit dont il dispose lui-même avec la notice d’information).

Le sextant des métiers : un produit qui comme son nom l’indique est destiné à faire le point sur l’état des connaissances à un instant donné et qui peut servir à l’apprenant isolé pour faire le point sur ses compétences, à une direction métier pour faire le point sur les connaissances d’une population complète voir dans certains cas à alimenter un entretien d’embauche sur le fond.

L’autre point que j’évoquais tout à l’heure est celui des alliances. A l’heure actuelle un certain nombre de formateurs indépendants sont sans activité et nous leur proposons de contribuer sur le plan rédactionnel à la construction de ces nouveaux outils. Un certain nombre d’organismes assuraient principalement leurs formations en présentiel et nous leur proposons d’allier nos compétences et nos forces en leur permettant de s’appuyer sur nos modules en e-learning pour l’acquisition des fondamentaux et en développant leurs classes virtuelles y compris en utilisant nos matériaux pédagogiques.

Nous y reviendrons dans une prochaine communication.

En attendant prenez soin de vous.